Après 18 ans à accompagner des acquéreurs à Dijon, je peux vous affirmer que le dépôt de garantie compromis de vente reste l’un des sujets qui génère le plus d’interrogations. Combien verser ? Est-ce obligatoire ? Peut-on le récupérer ? Je vous livre ici tout ce que vous devez savoir pour aborder cette étape sereinement.
Dans cet article
- Le dépôt de garantie représente généralement entre 5 % et 10 % du prix de vente du bien immobilier
- Il n’est pas légalement obligatoire, mais la quasi-totalité des vendeurs l’exigent en pratique
- Le versement doit intervenir dans un délai de 7 à 10 jours après la fin du délai de rétractation
- Les fonds sont déposés sur un compte séquestre chez le notaire, jamais directement au vendeur
- L’acquéreur peut récupérer son dépôt de garantie en cas de non-réalisation d’une condition suspensive ou en exerçant son droit de rétractation sous 10 jours
- Le montant est déduit du prix final lors de la signature de l’acte authentique
Sommaire
- Qu’est-ce que le dépôt de garantie dans un compromis de vente
- Le dépôt de garantie est-il obligatoire
- Quel montant prévoir pour le dépôt de garantie
- Délai de versement et modalités pratiques
- À qui verser le dépôt de garantie : le rôle du notaire
- Que devient le dépôt de garantie après la signature
- Récupérer son dépôt de garantie : les cas possibles
- Dépôt de garantie et achat immobilier sans apport
Qu’est-ce que le dépôt de garantie dans un compromis de vente
Le dépôt de garantie, parfois appelé à tort « acompte » ou « séquestre », est une somme d’argent versée par l’acquéreur au moment de la signature du compromis de vente. Il matérialise l’engagement de l’acheteur et témoigne de sa bonne foi envers le vendeur. En pratique, c’est le premier geste financier concret qui scelle votre projet d’achat.
D’un point de vue juridique, le compromis de vente et le dépôt de garantie sont encadrés par les articles 1589 et suivants du Code civil. Le compromis vaut vente dès lors que les deux parties se sont entendues sur la chose et sur le prix. Le dépôt de garantie vient renforcer cet engagement en immobilisant une partie du prix.
Dans mon expérience de conseiller à Dijon, je constate que ce mécanisme rassure autant le vendeur que l’acquéreur. Le vendeur sait que l’acheteur est sérieux ; l’acheteur sait que le bien lui est réservé pendant toute la durée des démarches. Pour bien préparer cette étape, je vous recommande de consulter mon guide sur les 7 documents indispensables pour un compromis de vente.

Le dépôt de garantie est-il obligatoire
Voici une question que l’on me pose systématiquement : faut-il obligatoirement verser un dépôt de garantie lors d’un compromis de vente ? La réponse est non, aucune loi ne l’impose. Le Code civil ne prévoit aucune obligation de versement d’un acompte au stade du compromis.
Cependant, dans la réalité du marché immobilier, plus de 95 % des compromis incluent une clause prévoyant un dépôt de garantie. Le refus de verser un dépôt de garantie au compromis de vente est souvent perçu comme un signal négatif par le vendeur, qui pourrait préférer un autre acquéreur jugé plus fiable.
Concrètement, le non-versement d’un dépôt de garantie au compromis de vente reste possible dans certaines situations :
- Achat entre membres d’une même famille
- Vente amiable dans le cadre d’une succession
- Accord spécifique négocié entre les parties
- Achat sur plan (VEFA) où les règles diffèrent
Mon conseil : même si ce n’est pas obligatoire, versez toujours le dépôt de garantie. Il sécurise votre position et témoigne de votre sérieux. J’ai vu trop de dossiers échouer parce que l’acquéreur refusait cette étape, ce qui faisait fuir le vendeur vers un autre candidat.
Quel montant prévoir pour le dépôt de garantie
Le montant du dépôt de garantie pour un compromis immobilier n’est pas fixé par la loi. Il résulte d’un accord libre entre le vendeur et l’acquéreur. En pratique, les usages du marché se sont imposés et varient selon le contexte de la transaction.
| Prix du bien | Taux habituel | Montant du dépôt de garantie | Observation |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 5 % | 5 000 € | Petit budget, studio ou parking |
| 200 000 € | 5 à 10 % | 10 000 à 20 000 € | Appartement T2/T3 à Dijon |
| 300 000 € | 5 à 10 % | 15 000 à 30 000 € | Maison en périphérie dijonnaise |
| 500 000 € | 5 à 8 % | 25 000 à 40 000 € | Bien de standing ou grande surface |
| 800 000 € et + | 3 à 5 % | 24 000 à 40 000 € | Propriétés d’exception, taux négocié à la baisse |
En règle générale, le compromis de vente et dépôt de garantie s’articulent autour d’un montant situé entre 5 % et 10 % du prix de vente. Sur le marché dijonnais, je constate que la norme se situe plutôt autour de 5 % pour les biens courants. Pour les biens très demandés ou les marchés tendus, le vendeur peut exiger 10 %. Au-delà, cela reste exceptionnel et je déconseille d’accepter.
Si vous envisagez un achat en SCI, les règles restent les mêmes pour le dépôt de garantie. Je vous invite à consulter mon article sur les frais de notaire pour un achat en SCI pour anticiper l’ensemble des coûts.
Délai de versement et modalités pratiques
Le délai de versement du dépôt de garantie au compromis de vente est un point crucial que beaucoup d’acquéreurs négligent. Voici le calendrier type que je recommande :
Jour J : signature du compromis de vente chez le notaire ou en agence.
J+1 à J+10 : le délai de rétractation de 10 jours prévu par la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) court à partir du lendemain de la notification du compromis. Pendant cette période, l’acquéreur peut se rétracter sans motif et sans pénalité.
J+10 à J+17 : une fois le délai de rétractation expiré, le versement du dépôt de garantie doit intervenir. Le compromis prévoit généralement un délai de 7 jours supplémentaires pour effectuer le virement.
Les modes de paiement acceptés sont :
- Le virement bancaire : c’est la méthode privilégiée par les notaires, traçable et sécurisée
- Le chèque de banque : accepté mais moins courant aujourd’hui
- Le chèque personnel est parfois toléré, mais je le déconseille car il peut être refusé
Si le compromis est signé directement chez le notaire, celui-ci peut encaisser le dépôt immédiatement, mais il ne pourra pas le débiter avant la fin du délai de rétractation. C’est une protection essentielle pour l’acquéreur.

À qui verser le dépôt de garantie : le rôle du notaire
Pourquoi verser un dépôt de garantie au notaire plutôt qu’au vendeur directement ? La réponse est simple : la sécurité juridique. Le notaire, officier public, dépose les fonds sur un compte séquestre dédié, totalement séparé de ses propres comptes. Cette séparation garantit que votre argent est protégé quoi qu’il arrive.
Dans certains cas, le dépôt de garantie peut être versé à l’agent immobilier qui détient un mandat de gestion des fonds. L’agent doit alors disposer d’une garantie financière suffisante et d’un compte séquestre propre. Mais je recommande systématiquement de passer par le notaire pour deux raisons :
- Le notaire est soumis à un contrôle strict de la Chambre des notaires
- En cas de litige, la restitution est encadrée par des procédures claires
Concrètement, les fonds versés au notaire sont déposés à la Caisse des Dépôts et Consignations, organisme public qui offre une garantie totale de l’État. Vous pouvez donc être pleinement rassuré sur la conservation de votre dépôt de garantie.
Si vous êtes primo-accédant, sachez que les frais de notaire peuvent bénéficier de réductions spécifiques. Consultez mon article sur les frais de notaire primo-accédant pour en savoir plus.
Que devient le dépôt de garantie après la signature
Une fois le compromis signé et le délai de rétractation passé, le dépôt de garantie suit un parcours bien défini. Selon que la vente aboutit ou non, son sort diffère considérablement.
Si la vente se réalise normalement
C’est le scénario idéal et le plus fréquent. Le dépôt de garantie est déduit du prix de vente total lors de la signature de l’acte authentique chez le notaire. Si vous avez versé 15 000 € de dépôt sur un bien à 300 000 €, vous ne devrez plus que 285 000 € (hors frais de notaire) le jour de la vente définitive.
Si une condition suspensive ne se réalise pas
Le compromis de vente contient systématiquement des conditions suspensives, la plus courante étant l’obtention du prêt immobilier. Si votre banque refuse votre demande de crédit et que vous pouvez le justifier (lettres de refus d’au moins deux établissements), le dépôt de garantie vous est intégralement restitué.
Les conditions suspensives les plus fréquentes sont :
- L’obtention du prêt immobilier dans le montant et les conditions prévus au compromis
- L’obtention d’un permis de construire ou d’une autorisation d’urbanisme
- L’absence de servitude grave révélée après signature
- La purge du droit de préemption de la commune
Pour votre prêt immobilier, pensez à bien choisir votre assurance emprunteur : elle peut représenter jusqu’à 30 % du coût total du crédit et conditionne parfois l’obtention du financement.
Si l’acquéreur se désiste sans motif légitime
C’est la situation la plus délicate. Si vous décidez de ne plus acheter après l’expiration du délai de rétractation, sans qu’une condition suspensive ne vous protège, le vendeur est en droit de conserver le dépôt de garantie à titre d’indemnisation. C’est la clause pénale prévue dans la plupart des compromis.
Le vendeur peut même, dans certains cas, engager une procédure pour obtenir des dommages et intérêts complémentaires si le préjudice subi dépasse le montant du dépôt. J’ai malheureusement vu cette situation se produire à plusieurs reprises au cours de ma carrière.

Récupérer son dépôt de garantie : les cas possibles
La question de savoir comment récupérer son dépôt de garantie lors d’un achat immobilier revient très souvent dans mes consultations. Voici les situations qui vous permettent de récupérer l’intégralité de votre dépôt :
1. Rétractation dans les 10 jours. Conformément à l’article L271-1 du Code de la construction et de l’habitation, vous disposez d’un délai de 10 jours calendaires pour vous rétracter après notification du compromis. Aucun motif n’est requis. Le remboursement intervient sous 21 jours maximum.
2. Non-obtention du prêt. Si votre financement est refusé et que vous pouvez produire les justificatifs (lettres de refus), la condition suspensive joue en votre faveur. Le notaire doit vous restituer les fonds. Pour anticiper cette situation, n’hésitez pas à utiliser un simulateur de crédit immobilier avant de vous engager.
3. Défaillance du vendeur. Si c’est le vendeur qui ne respecte pas ses obligations (bien non conforme, vice caché découvert avant la vente, refus de produire les diagnostics), vous récupérez votre dépôt de garantie et pouvez même demander des dommages et intérêts.
4. Non-réalisation d’une autre condition suspensive. Droit de préemption exercé par la mairie, servitude non révélée, refus de permis de construire : autant de cas où le dépôt vous revient de plein droit.
En cas de refus de restitution du dépôt de garantie par le vendeur alors que vous estimez être dans votre droit, le notaire joue un rôle de médiateur. Si le désaccord persiste, le tribunal judiciaire est compétent pour trancher. Les délais peuvent alors s’allonger de plusieurs mois, c’est pourquoi je recommande toujours de bien documenter chaque étape de votre dossier.
Dépôt de garantie et achat immobilier sans apport
Le dépôt de garantie lors d’un achat immobilier sans apport est un sujet qui revient de plus en plus fréquemment, notamment chez les jeunes acquéreurs dijonnais. Peut-on signer un compromis et verser un dépôt quand on n’a aucune épargne disponible ?
En théorie, rien ne l’interdit. Mais en pratique, la situation est complexe. Si vous financez 100 % de votre achat à crédit, vous devez tout de même disposer de la somme nécessaire au dépôt de garantie le jour du versement. Plusieurs solutions existent :
- Négocier un dépôt réduit : plutôt que 10 %, proposez 2 à 3 % au vendeur, en expliquant que votre financement est solide
- Demander un délai de versement plus long : certains notaires acceptent d’étendre le délai à 15 ou 20 jours
- Solliciter un prêt relais personnel auprès d’un proche, formalisé par un acte sous seing privé
- Négocier la suppression du dépôt : rare mais possible si le vendeur est en confiance
Je vous conseille néanmoins de constituer au minimum un petit apport couvrant le dépôt de garantie. Cela rassure le vendeur et renforce considérablement votre dossier auprès des banques. Par ailleurs, si vous avez des soucis de santé qui compliquent votre assurance de prêt, consultez mon guide sur l’assurance emprunteur avec risques aggravés pour connaître vos options.
Pour ceux qui souhaitent comparer les offres d’assurance afin d’optimiser leur budget, mon article sur les frais de changement d’assurance emprunteur vous sera utile.
À retenir
- Prévoyez entre 5 % et 10 % du prix de vente pour votre dépôt de garantie, idéalement par virement bancaire
- Versez toujours le dépôt de garantie au notaire, jamais directement au vendeur, pour garantir la sécurité de vos fonds
- Utilisez les 10 jours de rétractation pour relire le compromis avec attention avant que le dépôt ne soit définitivement engagé
- Vérifiez que toutes les conditions suspensives nécessaires figurent bien dans le compromis, notamment celle liée à l’obtention du prêt
- Conservez tous les justificatifs (lettres de refus de prêt, courriers, mails) pour sécuriser une éventuelle demande de restitution
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le dépôt de garantie dans un compromis de vente ?
Le dépôt de garantie est une somme versée par l’acquéreur lors de la signature du compromis de vente, généralement comprise entre 5 % et 10 % du prix du bien. Il matérialise l’engagement de l’acheteur et est conservé sur un compte séquestre chez le notaire jusqu’à la signature de l’acte définitif, où il est déduit du prix de vente.
Non, le versement d’un dépôt de garantie n’est pas une obligation légale. Aucun texte de loi ne l’impose. Cependant, c’est un usage quasi systématique dans les transactions immobilières. Le vendeur peut refuser de signer un compromis sans dépôt de garantie, car il constitue un gage de sérieux de la part de l’acquéreur.Est-ce obligatoire de verser un acompte lors d’un compromis de vente ?
Le montant est librement fixé entre les parties. En pratique, il oscille entre 5 % et 10 % du prix de vente. Pour un appartement à 250 000 €, comptez donc entre 12 500 € et 25 000 €. Le taux le plus courant reste 5 %, mais il peut être négocié à la hausse ou à la baisse selon le contexte de la transaction.Quel montant prévoir comme dépôt de garantie pour un compromis immobilier ?
Oui, à condition que la condition suspensive d’obtention de prêt figure dans le compromis de vente. Si vous recevez des refus de financement de la part des banques sollicitées et que vous les transmettez au notaire dans les délais prévus, le dépôt de garantie vous est intégralement restitué, généralement sous 21 jours.Peut-on récupérer le dépôt de garantie si le prêt immobilier est refusé ?
Le dépôt de garantie ne peut être encaissé qu’après l’expiration du délai de rétractation de 10 jours. Ensuite, le compromis prévoit généralement un délai supplémentaire de 7 jours pour effectuer le virement. Au total, comptez donc environ 17 jours après la signature du compromis pour que le versement soit effectif.Quel est le délai pour verser le dépôt de garantie après la signature du compromis ?
Si le compromis prévoit un dépôt de garantie et que l’acquéreur refuse de le verser dans le délai imparti, le vendeur peut considérer que l’acquéreur manque à ses obligations contractuelles. Cela peut entraîner la résolution du compromis aux torts de l’acheteur, avec éventuellement des dommages et intérêts au profit du vendeur.Que se passe-t-il si l’acquéreur refuse de verser le dépôt de garantie prévu au compromis ?
Etienne Chevalier est conseiller immobilier independant a Dijon depuis 18 ans. Ancien directeur d agence, il partage ses analyses du marche dijonnais et ses conseils pour investir, acheter ou vendre en Cote-d Or.