Chaque automne, la même surprise désagréable : vous ouvrez votre avis d’imposition et constatez que votre taxe foncière augmente encore. En 2026, le phénomène prend une ampleur particulière, et je reçois quotidiennement des appels de propriétaires dijonnais désorientés par des hausses parfois supérieures à 10 %. Après 18 ans de conseil immobilier à Dijon, je vous explique précisément pourquoi votre facture s’alourdit et, surtout, comment limiter la casse.
Dans cet article
- La revalorisation forfaitaire des bases locatives cadastrales atteint 3,9 % en 2026, indexée sur l’inflation
- Les communes peuvent voter un taux communal additionnel : certaines villes l’ont relevé de 5 à 15 % en un an
- La révision des valeurs locatives liée aux travaux ou changements d’affectation touche 7,4 millions de logements
- Des exonérations existent pour les propriétaires à revenus modestes, les seniors et les personnes handicapées
- La mensualisation permet d’étaler le paiement et d’éviter l’effet de choc en octobre
- Vérifier votre avis et contester les erreurs peut générer une économie de plusieurs centaines d’euros
Sommaire
- Comprendre le calcul de la taxe foncière
- La revalorisation forfaitaire des bases en 2026
- La hausse des taux communaux : le levier des collectivités
- Révision des valeurs locatives : qui est concerné ?
- Quelle est l’augmentation moyenne de la taxe foncière ?
- Exonérations, dégrèvements et plafonnement
- Vérifier et contester votre avis d’imposition
- L’impact sur le marché immobilier dijonnais
- Mes conseils pratiques pour les propriétaires
Comprendre le calcul de la taxe foncière
Avant d’analyser les hausses, il faut maîtriser le mécanisme. La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) repose sur trois éléments qui se multiplient entre eux :
- La valeur locative cadastrale : c’est le loyer théorique annuel que votre bien pourrait produire. Cette valeur, fixée à l’origine dans les années 1970, est réactualisée chaque année par un coefficient forfaitaire voté en loi de finances.
- L’abattement de 50 % : l’administration applique automatiquement un abattement pour frais de gestion et d’entretien, ce qui donne la base nette d’imposition.
- Les taux votés par les collectivités : commune, intercommunalité et, le cas échéant, syndicats de communes. Depuis la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales, la part départementale a été transférée aux communes.
La formule simplifiée est donc : Taxe foncière = (Valeur locative cadastrale × 50 %) × Taux global. Chaque composante peut évoluer indépendamment, ce qui explique que votre taxe foncière augmente même quand votre commune n’a pas touché à son taux. Pour bien comprendre le détail du calcul, je vous recommande mon guide complet sur le calcul et la simulation de la taxe foncière.
Le site officiel des impôts détaille la méthode complète et les abattements applicables à chaque situation.
La revalorisation forfaitaire des bases en 2026
Chaque année, la loi de finances revalorise les bases locatives cadastrales en fonction de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Ce mécanisme, automatique et national, constitue le premier moteur de hausse.

En 2026, le coefficient de revalorisation est fixé à 3,9 %. Concrètement, si votre valeur locative cadastrale était de 5 000 € l’an dernier, elle passe à 5 195 € cette année, sans que vous ayez modifié quoi que ce soit à votre bien. Votre base nette d’imposition augmente donc mécaniquement dans la même proportion.
Sur la dernière décennie, ces revalorisations cumulées représentent une hausse de près de 40 % des bases, comme le souligne l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). C’est un phénomène que je constate directement dans les bilans patrimoniaux de mes clients dijonnais : un appartement acheté en 2015 dans le centre-ville de Dijon supportait environ 900 € de taxe foncière ; le même bien dépasse aujourd’hui les 1 250 €.
| Année | Coefficient de revalorisation | Cumul depuis 2020 |
|---|---|---|
| 2020 | +1,2 % | +1,2 % |
| 2021 | +0,2 % | +1,4 % |
| 2022 | +3,4 % | +4,8 % |
| 2023 | +7,1 % | +12,2 % |
| 2024 | +3,9 % | +16,6 % |
| 2025 | +1,7 % | +18,6 % |
| 2026 | +3,9 % | +23,2 % |
Ce tableau montre à quel point les revalorisations successives produisent un effet boule de neige. Même sans hausse de taux communal, un propriétaire subit plus de 23 % de hausse de base en six ans.
La hausse des taux communaux : le levier des collectivités
Le second moteur est la décision politique locale. Chaque conseil municipal vote librement le taux de taxe foncière applicable sur son territoire. Or, depuis le transfert de la part départementale aux communes en 2021, les marges de manœuvre fiscales des municipalités se sont élargies.
À Dijon, le taux communal est resté relativement stable ces dernières années, mais plusieurs communes de la métropole ont procédé à des ajustements significatifs. Dans l’agglomération dijonnaise, j’observe des écarts importants : certaines communes périphériques affichent des taux 30 à 50 % plus élevés que Dijon intra-muros. C’est un paramètre que je rappelle systématiquement à mes clients lorsqu’ils comparent des biens à Chenôve, Quetigny ou Talant.
En 2026, plusieurs grandes villes françaises ont annoncé des hausses de taux allant de 5 à 15 % pour compenser la baisse des dotations de l’État et financer la transition écologique. Paris avait ouvert le bal en 2023 avec une augmentation spectaculaire de 52 %. Ce mouvement se diffuse progressivement aux villes moyennes.
Pour connaître le taux exact appliqué dans votre commune, consultez votre avis d’imposition ou utilisez un simulateur de taxe foncière qui intègre les taux communaux actualisés.
Révision des valeurs locatives : qui est concerné ?
Au-delà de la revalorisation forfaitaire annuelle, l’administration fiscale procède à des révisions individuelles des valeurs locatives cadastrales. C’est le troisième facteur de hausse, souvent le plus brutal car il intervient sans préavis.

Qui sera concerné par l’augmentation de la taxe foncière en 2026 ? Principalement trois catégories de propriétaires :
- Ceux qui ont réalisé des travaux d’agrandissement ou d’amélioration (extension, surélévation, aménagement de combles, véranda) : la surface habitable augmente, la valeur locative aussi.
- Ceux dont le bien a fait l’objet d’un changement de consistance ou d’affectation (transformation d’un local commercial en habitation, division d’un immeuble en appartements).
- Les propriétaires de logements situés dans les communes ayant fait l’objet d’une révision générale des valeurs locatives dans le cadre de la réforme progressive engagée par l’État.
Selon les données du ministère des Finances, cette révision touche potentiellement 7,4 millions de logements en France. Les propriétaires concernés découvrent parfois des hausses de 20 à 30 % sur un seul exercice. J’ai accompagné un client à Beaune l’année dernière dont la taxe foncière avait bondi de 1 400 à 1 850 € après la déclaration de travaux d’aménagement de ses combles.
Qui va subir l’augmentation de la taxe foncière ? En réalité, tous les propriétaires de biens bâtis sont touchés par la revalorisation forfaitaire. Mais les propriétaires ayant réalisé des travaux non déclarés s’exposent en plus à un rattrapage rétroactif pouvant couvrir les quatre dernières années.
Quelle est l’augmentation moyenne de la taxe foncière ?
Les chiffres nationaux masquent de fortes disparités locales. En moyenne nationale, la hausse de la taxe foncière en 2026 se situe autour de 5 à 8 % si l’on cumule la revalorisation forfaitaire et les ajustements de taux communaux. Mais certaines communes enregistrent des hausses à deux chiffres.
Quelle est la nouvelle taxe pour les propriétaires ? Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouvelle taxe, mais plutôt d’un alourdissement continu de la taxe foncière existante. Cependant, depuis 2024, les propriétaires de logements vacants ou de résidences secondaires dans les zones tendues peuvent être soumis à une taxe sur les logements vacants majorée, qui vient s’ajouter à la taxe foncière classique. C’est un point que je soulève régulièrement avec les investisseurs qui détiennent des biens inoccupés dans l’agglomération dijonnaise.
| Situation du propriétaire | Hausse estimée 2026 | Facteur principal |
|---|---|---|
| Bien sans travaux, commune stable | +3,9 % | Revalorisation forfaitaire seule |
| Bien sans travaux, commune en hausse de taux | +7 à 15 % | Revalorisation + hausse du taux communal |
| Bien avec travaux déclarés | +10 à 30 % | Révision individuelle de la valeur locative |
| Bien en zone de révision générale | +5 à 25 % | Réévaluation cadastrale de la commune |
| Logement vacant en zone tendue | Variable | Taxe sur les logements vacants ajoutée |
À Dijon et dans sa métropole, les hausses que je constate chez mes clients se situent entre 4 et 12 % selon les situations. Les propriétaires de maisons anciennes dans les quartiers en rénovation urbaine sont souvent les plus impactés, car leur valeur locative cadastrale rattrape progressivement la réalité du marché. Pour anticiper le montant, vous pouvez utiliser mon outil de simulation de taxe foncière.
Exonérations, dégrèvements et plafonnement
Heureusement, plusieurs dispositifs permettent de réduire ou de supprimer votre taxe foncière. Je constate que beaucoup de propriétaires ignorent leurs droits, ce qui représente un manque à gagner considérable.
Exonérations totales
- Constructions neuves : exonération de deux ans à compter du 1er janvier suivant l’achèvement. Attention, cette exonération n’est pas automatique : vous devez déposer une déclaration H1 (maison) ou H2 (appartement) dans les 90 jours suivant l’achèvement des travaux.
- Personnes âgées de plus de 75 ans sous conditions de ressources : exonération totale de la TFPB sur la résidence principale si le revenu fiscal de référence ne dépasse pas les plafonds fixés par l’article 1390 du Code général des impôts.
- Titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou de l’allocation adulte handicapé (AAH) : exonération sous conditions de cohabitation.
Dégrèvements et plafonnement
- Plafonnement à 50 % des revenus : si votre taxe foncière dépasse 50 % de vos revenus, vous pouvez demander un dégrèvement partiel. Ce dispositif concerne principalement les retraités modestes propriétaires de leur résidence principale.
- Dégrèvement pour les personnes de 65 à 75 ans : un dégrèvement forfaitaire de 100 € est automatiquement appliqué sous conditions de ressources.
- Logements économes en énergie : certaines communes votent une exonération partielle (de 50 à 100 %) pendant trois ans pour les logements ayant bénéficié de travaux de rénovation énergétique. Renseignez-vous auprès de votre mairie.

Mon conseil : vérifiez systématiquement sur votre avis si ces avantages sont bien appliqués. J’ai déjà aidé des clients seniors à récupérer des trop-perçus de plusieurs centaines d’euros simplement en signalant l’oubli de l’exonération liée à l’âge. Pour étaler le paiement et éviter le choc d’octobre, pensez également à la mensualisation de votre taxe foncière.
Vérifier et contester votre avis d’imposition
L’erreur est humaine, y compris du côté de l’administration fiscale. Voici les points que je recommande de contrôler sur chaque avis :
- La surface habitable déclarée : comparez-la avec la surface réelle de votre logement. Des erreurs de 5 à 10 m² ne sont pas rares, surtout dans l’ancien.
- Le nombre de pièces : une pièce comptabilisée en trop fait grimper la valeur locative.
- Les éléments de confort : piscine, ascenseur, garage. Vérifiez que seuls les éléments réellement présents sont pris en compte.
- L’application des exonérations : si vous y avez droit, assurez-vous qu’elles figurent bien sur votre avis.
- Le taux appliqué : comparez avec le taux officiel de votre commune.
Si vous constatez une anomalie, vous disposez d’un délai de réclamation jusqu’au 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement. La démarche se fait en ligne via votre espace personnel sur impots.gouv.fr, rubrique « Messagerie sécurisée ». En cas de désaccord persistant, vous pouvez saisir le conciliateur fiscal départemental, puis le tribunal administratif.
Dans mon expérience, environ 15 % des avis que j’examine avec mes clients comportent au moins une inexactitude exploitable. La correction la plus fréquente concerne la surface : une cave ou un cellier comptabilisé comme pièce habitable peut représenter 50 à 150 € de trop chaque année.
L’impact sur le marché immobilier dijonnais
En tant que professionnel du marché immobilier dijonnais, je mesure directement l’incidence de la fiscalité foncière sur les décisions d’achat et de vente.
La hausse continue de la taxe foncière modifie les arbitrages des acquéreurs. Je constate que mes clients intègrent désormais systématiquement le montant de la taxe foncière dans leur calcul de capacité d’emprunt. Une taxe foncière de 2 000 € par an, c’est l’équivalent de 167 € de mensualité en moins pour rembourser un prêt immobilier. Sur 20 ans, cela représente une capacité d’emprunt réduite de près de 30 000 €.
Les investisseurs locatifs sont encore plus sensibles à cette variable. Le rendement net d’un investissement locatif à Dijon recule mécaniquement quand la taxe foncière progresse plus vite que les loyers. J’observe que certains investisseurs se tournent vers des communes périphériques comme Longvic ou Saint-Apollinaire où le rapport entre prix d’achat au m² et niveau de taxe foncière reste plus favorable.
La fiscalité locale influence aussi les choix de quartier. Dans mon analyse des prix au m² par quartier à Dijon, je constate que les écarts de taxe foncière entre quartiers peuvent atteindre 30 % pour des surfaces équivalentes, en raison de valeurs locatives cadastrales historiquement différentes.
Mes conseils pratiques pour les propriétaires
Après 18 années passées à accompagner des propriétaires dijonnais, voici les actions concrètes que je recommande face à la hausse de la taxe foncière :
Anticipez le montant. N’attendez pas l’avis d’octobre pour découvrir la mauvaise surprise. Utilisez les simulateurs disponibles et intégrez une marge de hausse de 5 % par an dans votre budget prévisionnel. Mon simulateur de taxe foncière vous permet d’obtenir une estimation rapide.
Déclarez vos travaux au bon moment. Si vous prévoyez des travaux d’agrandissement, sachez que la déclaration dans les 90 jours est obligatoire, mais que le calendrier de déclaration peut influencer l’année de prise en compte. Une extension achevée en décembre sera imposée dès le 1er janvier suivant ; terminée en janvier, elle ne le sera qu’un an plus tard.
Exploitez les exonérations temporaires. Les travaux de rénovation énergétique ouvrent droit à une exonération partielle de taxe foncière dans les communes qui l’ont votée. À Dijon, renseignez-vous auprès du service urbanisme de la mairie.
Optez pour la mensualisation. Plutôt que de subir un prélèvement unique en octobre, lissez le paiement sur 10 mois. C’est indolore et cela facilite la gestion de votre trésorerie. J’explique la marche à suivre dans mon article sur la mensualisation de la taxe foncière.
Intégrez la taxe foncière dans vos projets d’achat. Demandez toujours le montant de la dernière taxe foncière au vendeur avant de formuler une offre. C’est un réflexe que j’impose à tous mes clients acquéreurs, qu’ils achètent à Gevrey-Chambertin ou dans le centre de Dijon. Ce montant fait partie intégrante du coût réel de possession d’un bien.
À retenir
- Vérifiez la surface et les caractéristiques déclarées sur votre avis : une erreur de quelques m² peut coûter 50 à 150 € par an
- Contrôlez si vous êtes éligible à une exonération ou un dégrèvement (âge, revenus, handicap, construction neuve)
- Demandez systématiquement le montant de la taxe foncière avant tout achat immobilier
- Mensualisez votre paiement pour lisser l’impact sur votre budget mensuel
- Réclamez avant le 31 décembre de l’année suivante si vous constatez une anomalie sur votre avis
Questions fréquentes
Qui sera concerné par l’augmentation de la taxe foncière en 2026 ?
Tous les propriétaires de biens bâtis sont concernés par la revalorisation forfaitaire de 3,9 % des bases cadastrales. Les propriétaires de communes ayant voté une hausse de taux subissent un impact supplémentaire. Enfin, ceux dont le bien a fait l’objet de travaux ou d’un changement d’affectation verront leur valeur locative réévaluée individuellement, avec des hausses pouvant atteindre 20 à 30 %.
Quelle est l’augmentation moyenne de la taxe foncière en 2026 ?
En moyenne nationale, la hausse se situe entre 5 et 8 % en cumulant la revalorisation forfaitaire et les ajustements de taux. Cependant, les disparités sont fortes : certaines communes affichent des hausses supérieures à 15 %, tandis que d’autres se limitent à la revalorisation forfaitaire de 3,9 %.
Quelle est la nouvelle taxe pour les propriétaires en 2026 ?
Il n’y a pas de nouvelle taxe à proprement parler, mais un alourdissement de la taxe foncière existante. En revanche, les propriétaires de logements vacants ou de résidences secondaires en zone tendue peuvent être soumis à une taxe sur les logements vacants majorée depuis 2024, qui s’ajoute à la taxe foncière classique.
Peut-on être exonéré de taxe foncière ?
Oui, plusieurs cas d’exonération existent : les personnes de plus de 75 ans sous conditions de ressources, les titulaires de l’ASPA ou de l’AAH, et les propriétaires de constructions neuves pendant deux ans. Un dégrèvement de 100 € est également accordé aux personnes de 65 à 75 ans sous conditions de revenus. Le plafonnement à 50 % des revenus permet aussi de limiter la charge pour les contribuables modestes.
Comment contester le montant de sa taxe foncière ?
Vous pouvez adresser une réclamation via la messagerie sécurisée de votre espace personnel sur impots.gouv.fr avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement. Vérifiez en priorité la surface déclarée, le nombre de pièces et les éléments de confort. En cas de rejet, saisissez le conciliateur fiscal départemental puis, en dernier recours, le tribunal administratif.
La taxe foncière sera-t-elle un jour supprimée ?
La suppression de la taxe foncière n’est pas à l’ordre du jour. Contrairement à la taxe d’habitation, progressivement supprimée entre 2018 et 2023 pour les résidences principales, la taxe foncière reste un pilier du financement des collectivités locales. Aucun projet de loi ne prévoit sa disparition à moyen terme.
Etienne Chevalier est conseiller immobilier independant a Dijon depuis 18 ans. Ancien directeur d agence, il partage ses analyses du marche dijonnais et ses conseils pour investir, acheter ou vendre en Cote-d Or.