Dans cet article
- L’abattement pour durée de détention plus-value immobilière permet une exonération totale d’impôt sur le revenu après 22 ans de détention
- Pour les prélèvements sociaux, l’exonération complète intervient après 30 ans de détention
- Aucun abattement ne s’applique pendant les 5 premières années suivant l’acquisition
- Le taux d’abattement est de 6 % par an de la 6e à la 21e année pour l’impôt sur le revenu
- Un bien détenu 15 ans bénéficie d’un abattement de 60 % sur l’IR et de 16,50 % sur les prélèvements sociaux
- La réforme plus-value immobilière 2026 n’a pas modifié ce barème progressif à ce jour
Sommaire
- Comprendre l’abattement pour durée de détention
- Barème de l’abattement pour l’impôt sur le revenu
- Barème de l’abattement pour les prélèvements sociaux
- Tableau complet de l’abattement année par année
- Comment calculer l’abattement pour durée de détention
- Cas particuliers et abattements spécifiques
- Exemple de calcul concret
- Optimiser la fiscalité de votre plus-value
Après 18 ans passés à accompagner des vendeurs dijonnais dans leurs transactions, je constate que l’abattement pour durée de détention plus-value immobilière reste l’un des mécanismes fiscaux les plus mal compris. Pourtant, il conditionne directement le montant net que vous percevrez lors de la revente de votre bien. Je vous propose un décryptage complet du barème en vigueur, avec des tableaux clairs et un exemple chiffré pour y voir clair.
Comprendre l’abattement pour durée de détention
Lorsque vous revendez un bien immobilier autre que votre résidence principale, la plus-value réalisée est soumise à l’impôt. Le législateur a cependant prévu un mécanisme d’abattement durée de détention plus-value immobilière qui réduit progressivement la base imposable au fil des années de possession.
Ce dispositif repose sur un principe simple : plus vous conservez votre bien longtemps, moins vous payez d’impôt sur la plus-value. L’objectif affiché est de décourager la spéculation à court terme tout en allégeant la charge fiscale des détenteurs de longue durée.
Concrètement, l’abattement s’applique sur deux composantes distinctes :
- L’impôt sur le revenu (IR) au taux forfaitaire de 19 %
- Les prélèvements sociaux (PS) au taux de 17,2 %
Les barèmes diffèrent selon la composante, ce qui complique la lecture mais crée aussi une opportunité d’optimisation que je détaille plus loin. Selon le guide officiel de service-public.fr sur la plus-value immobilière, le point de départ du délai correspond à la date d’acquisition figurant dans l’acte notarié.

Barème de l’abattement pour l’impôt sur le revenu
Pour la part soumise à l’impôt sur le revenu (19 %), l’abattement durée de détention plus value immobilière fonctionne selon trois paliers :
- De 0 à 5 ans : aucun abattement (0 %)
- De la 6e à la 21e année : abattement de 6 % par année de détention
- 22e année révolue : abattement de 4 %, portant le total à 100 %
Résultat : après 22 ans de détention, vous êtes totalement exonéré d’impôt sur le revenu sur votre plus-value. C’est un seuil que je recommande souvent à mes clients dijonnais de garder en tête lorsqu’ils hésitent à vendre un bien locatif acquis il y a une vingtaine d’années.
La progression est linéaire entre la 6e et la 21e année, ce qui facilite le calcul mental : chaque année supplémentaire de détention au-delà de 5 ans efface 6 points de pourcentage de la base imposable à l’IR.
Barème de l’abattement pour les prélèvements sociaux
Pour les prélèvements sociaux (17,2 %), le barème est moins généreux et s’étale sur une durée plus longue :
- De 0 à 5 ans : aucun abattement (0 %)
- De la 6e à la 21e année : abattement de 1,65 % par an
- 22e année révolue : abattement de 1,60 %
- Au-delà de la 22e année : abattement de 9 % par an
L’exonération totale de prélèvements sociaux n’intervient qu’au bout de 30 ans de détention. C’est une différence majeure avec l’IR que beaucoup de vendeurs ignorent. En pratique, entre la 22e et la 30e année, vous ne payez plus d’IR mais restez redevable des prélèvements sociaux sur une base réduite.
Ce décalage de 8 ans entre l’exonération IR et l’exonération PS constitue une zone de vigilance. Si votre plus-value est importante, les prélèvements sociaux résiduels peuvent représenter plusieurs milliers d’euros, comme le précise le bulletin officiel des finances publiques BOI-RFPI-PVI-20-20.
Tableau complet de l’abattement année par année
Voici le tableau abattement pour durée de détention plus-value immobilière qui synthétise les deux barèmes. Je l’utilise quotidiennement avec mes clients pour estimer leur imposition :
| Durée de détention | Abattement IR (19 %) | Abattement PS (17,2 %) |
|---|---|---|
| Moins de 6 ans | 0 % | 0 % |
| 6 ans | 6 % | 1,65 % |
| 7 ans | 12 % | 3,30 % |
| 8 ans | 18 % | 4,95 % |
| 9 ans | 24 % | 6,60 % |
| 10 ans | 30 % | 8,25 % |
| 11 ans | 36 % | 9,90 % |
| 12 ans | 42 % | 11,55 % |
| 13 ans | 48 % | 13,20 % |
| 14 ans | 54 % | 14,85 % |
| 15 ans | 60 % | 16,50 % |
| 16 ans | 66 % | 18,15 % |
| 17 ans | 72 % | 19,80 % |
| 18 ans | 78 % | 21,45 % |
| 19 ans | 84 % | 23,10 % |
| 20 ans | 90 % | 24,75 % |
| 21 ans | 96 % | 26,40 % |
| 22 ans | 100 % | 28 % |
| 23 ans | 100 % | 37 % |
| 24 ans | 100 % | 46 % |
| 25 ans | 100 % | 55 % |
| 26 ans | 100 % | 64 % |
| 27 ans | 100 % | 73 % |
| 28 ans | 100 % | 82 % |
| 29 ans | 100 % | 91 % |
| 30 ans et plus | 100 % | 100 % |
Ce tableau constitue votre outil de référence. Conservez-le pour anticiper le meilleur moment de revente, notamment si vous approchez d’un palier significatif. Un simulateur plus-value immobilière peut aussi vous aider à affiner le calcul en intégrant les frais d’acquisition et les travaux déductibles.

Comment calculer l’abattement pour durée de détention
Le calcul s’effectue en quatre étapes que je détaille ici :
Étape 1 : Déterminer la plus-value brute
Plus-value brute = prix de cession − prix d’acquisition corrigé. Le prix d’acquisition inclut les frais de notaire (forfait de 7,5 % ou frais réels) et le montant des travaux (forfait de 15 % après 5 ans de détention ou montant réel justifié).
Étape 2 : Calculer la durée de détention
La durée se compte par années pleines à partir de la date d’acquisition. Une fraction d’année ne compte pas. Si vous avez acheté le 15 mars 2010 et vendez le 10 mars 2026, vous comptez 15 années complètes (et non 16).
Étape 3 : Appliquer l’abattement IR
Plus-value imposable IR = plus-value brute × (1 − taux d’abattement IR). Puis l’impôt IR = plus-value imposable IR × 19 %.
Étape 4 : Appliquer l’abattement PS
Plus-value imposable PS = plus-value brute × (1 − taux d’abattement PS). Puis les PS = plus-value imposable PS × 17,2 %.
L’imposition totale est la somme de l’IR et des PS calculés séparément. À noter : une surtaxe s’ajoute lorsque la plus-value imposable (après abattement IR) dépasse 50 000 €, avec un taux progressif de 2 % à 6 %.
Cas particuliers et abattements spécifiques
Au-delà du barème standard, plusieurs situations ouvrent droit à des régimes dérogatoires que je rencontre régulièrement dans ma pratique :
Abattement exceptionnel en zone tendue
Des abattements exceptionnels ont été instaurés à certaines périodes pour les cessions de biens situés dans des zones de forte demande, sous condition de démolition-reconstruction ou de densification. Ces dispositifs temporaires viennent s’ajouter à l’abattement pour durée de détention classique.
Plus-value immobilière professionnelle
L’abattement pour durée de détention plus-value immobilière professionnelle obéit à un régime distinct prévu à l’article 151 septies B du CGI. Il s’applique aux immeubles affectés à l’exploitation d’une activité professionnelle et prévoit un abattement de 10 % par an à compter de la 5e année, pour une exonération totale après 15 ans. Ce régime est nettement plus avantageux que le barème des particuliers.
Plus-values de titres de sociétés
Pour les plus-values de cession de parts de SCI ou de sociétés à prépondérance immobilière, le même barème que les particuliers s’applique (abattement pour durée de détention plus value immobilière standard). La durée se calcule à compter de la date d’acquisition des parts, non de la date d’acquisition de l’immeuble par la société. C’est un piège fréquent que j’observe chez les investisseurs ayant opté pour une structure de détention en copropriété ou en SCI.
Location meublée non professionnelle (LMNP)
En matière d’abattement pour durée de détention plus value immobilière LMNP, le barème des particuliers s’applique dès lors que vous relevez du régime des plus-values des particuliers. Attention toutefois aux amortissements déduits qui peuvent, selon les évolutions législatives, être réintégrés dans le calcul de la plus-value. La réforme plus-value immobilière 2026 a été un sujet de débat sur ce point précis lors des discussions du PLF 2025.

Exemple de calcul concret
Prenons un cas que je rencontre fréquemment à Dijon : un appartement T3 acheté 150 000 € en 2011, revendu 220 000 € en 2026, soit 15 années de détention.
Calcul de la plus-value brute :
- Prix d’acquisition majoré : 150 000 + 11 250 (forfait 7,5 % frais) + 22 500 (forfait 15 % travaux) = 183 750 €
- Plus-value brute : 220 000 − 183 750 = 36 250 €
Application des abattements à 15 ans :
- Abattement IR : 60 % → plus-value imposable IR = 36 250 × 40 % = 14 500 €
- Abattement PS : 16,50 % → plus-value imposable PS = 36 250 × 83,50 % = 30 269 €
Imposition finale :
- IR : 14 500 × 19 % = 2 755 €
- PS : 30 269 × 17,2 % = 5 206 €
- Total : 7 961 € (soit environ 22 % de la plus-value brute)
Si ce même vendeur avait attendu 7 ans de plus (22 ans de détention), il n’aurait payé aucun IR et seulement 2 606 € de PS. Attendre encore 8 ans supplémentaires l’aurait totalement exonéré. C’est ce type d’arbitrage temporel que je conseille systématiquement à mes clients qui envisagent de mettre leur bien en location saisonnière en attendant le bon moment pour vendre.
Optimiser la fiscalité de votre plus-value
Fort de mon expérience sur le marché dijonnais, voici les leviers que je recommande pour réduire légalement l’imposition sur votre plus-value :
1. Vérifiez la date exacte d’acquisition
Quelques mois peuvent vous faire basculer dans l’année suivante de détention. Un bien acquis en décembre 2004 atteint ses 22 ans en décembre 2026 : vendez en janvier 2027 et vous économisez la totalité de l’IR.
2. Justifiez vos travaux
Le forfait de 15 % après 5 ans est pratique, mais si vous avez réalisé plus de 22 500 € de travaux (sur un bien à 150 000 €), passez au réel. Conservez chaque facture : isolation, aménagement du jardin (sous conditions), réfection de toiture, remplacement de chauffage.
3. Intégrez les frais d’acquisition réels
Les frais de notaire réels (incluant les droits de mutation, émoluments et débours) dépassent souvent le forfait de 7,5 %. Demandez le décompte précis à votre notaire.
4. Exploitez les exonérations totales
- Résidence principale : exonération totale sans condition de durée
- Première cession d’un logement autre que la résidence principale : exonération sous condition de remploi dans les 24 mois pour l’achat d’une résidence principale
- Cession inférieure à 15 000 € : exonération totale
- Cession au profit d’organismes HLM : exonérations ou abattements majorés
5. Anticipez la surtaxe
Au-delà de 50 000 € de plus-value imposable après abattement IR, une taxe supplémentaire de 2 % à 6 % s’ajoute. Si vous êtes proche de ce seuil, le recours à un simulateur permettra d’affiner votre stratégie de prix de vente. Selon La Finance pour Tous, cette surtaxe concerne environ 10 % des transactions générant une plus-value.
En matière de dispositifs d’investissement locatif, n’oubliez pas que la plus-value se calcule sur le prix d’acquisition initial, indépendamment des réductions d’impôt dont vous avez bénéficié pendant la période de location.
À retenir
- Vérifiez votre date exacte d’acquisition sur l’acte notarié avant toute mise en vente
- Conservez toutes vos factures de travaux pour dépasser le forfait de 15 % si nécessaire
- Après 22 ans, vous ne payez plus d’IR ; après 30 ans, exonération totale
- Comparez systématiquement les frais réels versus les forfaits (acquisition et travaux)
- Utilisez un simulateur plus-value immobilière avant de fixer votre prix de vente pour intégrer l’impact fiscal
Questions fréquentes
Quel est l’abattement pour durée de détention sur la plus-value immobilière ?
L’abattement pour durée de détention sur la plus-value immobilière est un mécanisme fiscal progressif. Pour l’impôt sur le revenu, il est de 6 % par an de la 6e à la 21e année, puis 4 % la 22e année, soit une exonération totale après 22 ans. Pour les prélèvements sociaux, il est de 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,60 % la 22e année, puis 9 % par an au-delà, soit une exonération totale après 30 ans. Aucun abattement ne s’applique pendant les 5 premières années.
Comment calculer l’abattement pour durée de détention ?
Pour calculer l’abattement, comptez d’abord le nombre d’années pleines de détention depuis la date d’acquisition. Appliquez ensuite le barème correspondant séparément pour l’IR et les PS. Par exemple, pour 12 ans de détention : abattement IR = 7 années × 6 % = 42 % ; abattement PS = 7 années × 1,65 % = 11,55 %. La plus-value imposable est ensuite obtenue en multipliant la plus-value brute par (1 moins le taux d’abattement).
Quels sont les abattements sur une plus-value immobilière ?
Plusieurs types d’abattements existent sur une plus-value immobilière : l’abattement pour durée de détention (le plus courant, exonération à 22 ou 30 ans selon la composante fiscale), les abattements exceptionnels en zone tendue (variables selon les dispositifs temporaires), et l’abattement renforcé pour les plus-values professionnelles (10 % par an dès la 5e année, exonération à 15 ans). Des exonérations totales sont aussi prévues pour la résidence principale ou les cessions inférieures à 15 000 €.
Quel est l’abattement pour durée de détention pour les plus-values de titres ?
Pour les plus-values de cession de parts de sociétés à prépondérance immobilière (SCI, SCPI non cotées), le même barème que pour les biens détenus en direct s’applique : exonération d’IR après 22 ans et exonération de PS après 30 ans. Attention : la durée se calcule à partir de la date d’acquisition des parts, et non de la date d’achat de l’immeuble par la société. Pour les plus-values mobilières classiques (actions, OPCVM), un régime différent s’applique avec un abattement de 50 % après 2 ans et 65 % après 8 ans sous l’ancien régime, désormais remplacé par le PFU de 30 %.
La réforme 2026 a-t-elle modifié le barème d’abattement pour durée de détention ?
À ce jour, le barème d’abattement pour durée de détention n’a pas été modifié par les réformes récentes. Un amendement au PLF 2025 avait proposé la suppression de ce dispositif, mais il n’a pas été adopté dans le texte final. Le barème en vigueur reste celui instauré depuis le 1er septembre 2014. Toutefois, des discussions persistent sur une éventuelle réforme, notamment concernant la réintégration des amortissements en LMNP dans le calcul de la plus-value.
Peut-on cumuler l’abattement pour durée de détention avec d’autres dispositifs ?
Oui, l’abattement pour durée de détention se cumule avec certains dispositifs. Il s’applique sur la plus-value brute avant les éventuels abattements exceptionnels (zones tendues, opérations de revitalisation). En revanche, il ne se cumule pas avec les cas d’exonération totale (résidence principale, cession inférieure à 15 000 €) puisque dans ces situations, aucune plus-value n’est imposable. Les frais d’acquisition et travaux viennent quant à eux réduire la plus-value brute, avant application de l’abattement.
Etienne Chevalier est conseiller immobilier independant a Dijon depuis 18 ans. Ancien directeur d agence, il partage ses analyses du marche dijonnais et ses conseils pour investir, acheter ou vendre en Cote-d Or.